Valeur précise d'une startup

Snapchat à 3 Milliards, PrimeSense à 360 millions, le monde tourne-t-il rond ?

Ces dernières semaines, les noms de deux entreprises innovantes étaient sur toutes les lèvres : PrimeSense et Snapchat. La première est spécialisée dans la reconnaissance de gestes et la vision par ordinateur, et est connue notamment pour la Kinect utilisée par Microsoft Xbox. Snapchat est une application de partage de photos via mobile. L’originalité de snapchat consiste à associer un délai de visualisation de quelques secondes. On envoie une photo pour la montrer mais sans qu’elle ne soit enregistrée ou consultée ultérieurement.

Primesense_Snapchat

Si le rachat de PrimeSense par Apple pour 360 millions de dollars a donné lieu à quelques articles et réactions diverses, c’est surtout l’offre à 3 milliards pour le rachat de Snapchat par Facebook qui a fait le buzz. Et pour cause, Snapchat ne génère quasiment pas de revenus et apparait comme techniquement accessible à n’importe quel développeur, sans aucune technologie révolutionnaire.

Avant de creuser un peu plus ces deux cas, et de tenter de retracer les raisons qui ont donné lieu à ces estimations de valeur, il convient de faire un profil rapides des deux entreprises.

 
PrimeSense
Snapchat
Fondation20052011
Employés15030
Chiffre d'affaires annuel> 200 M$< 100 K$
Offre de rachat365 M$> 3 B$

Sur le papier, il n’y a pas snapshot (hihi). D’un côté, une technologie avec des barrières à l’entrée et un marché en croissance constante qui a prouvé qu’il était prêt à payer. De l’autre, une très jeune startup qui ne génère pas de revenus et qui techniquement n’a pas de réelle avance ou de barrières à l’entrée. Cependant, dans les deux cas, on imagine difficilement Apple acquérir PrimeSense ou Facebook acquérir Snapchat en vue de revendre et en tirer une plus value lors d’un “exit” éventuel. Ce ne sont pas des investissements financiers mais des investissements stratégiques. Et c’est pour ce type d’investissements que la valeur est la plus imprévisible car fortement lié à l’acquéreur.

 

B2C VS B2B

Dans le cadre d’Apple, on peut imaginer que l’acquisition de PrimeSense ouvre tout de suite de nouveaux marchés et offre un avantage concurrentiels sur les marchés déjà adressés. La valeur de PrimeSense recouvre donc beaucoup plus de valeur pour une entreprise comme Apple que pour un investisseur qui envisagerait une sortie purement liée au revenus intrinsèques de PrimeSense. La valeur créée par PrimeSense étant bien plus importante si la technologie de ses capteurs est déployée dans des smartphones et autres produits Apple. Les clients de PrimeSense étant d’autres entreprises, bien plus grosses, la plus grande part de la valeur créée est capturée par le dernier maillon de la chaine.

Dans le cas de Snapchat, le lien est direct avec l’utilisateur final. On peut imaginer que toute la valeur créée soit capturée sans intermédiaires. En dehors de ces cas particuliers, les records de valorisations sont plus souvent signés par des entreprises B2C que B2B.

Acquisition agressive VS acquisition défensive

Bien que la valeur de PrimeSense soit plus importante en étant intégrée au sein d’Apple, la meilleure alternative pour apple est simplement de fournir un effort de Recherche et Développement lui permettant d’obtenir un résultat comparable à celui de PrimeSense. Le risque encouru par une non-acquisition n’est pas démesurément important étant donné que PrimeSense ne menace pas Apple sur ses marchés actuels. C’est une arme en plus pour Apple contre ses concurrents. Loin d’être le first-mover sur les technologies de reconnaissance de gestes, cette acquisition leur permet d’être plus agressifs envers leur concurrents (Microsoft et Google) en ayant acquis la référence mondiale en la matière.

Valeur précise d'une startup

Parallèlement, Snapchat s’adresse aux mêmes utilisateurs que Facebook. En offrant un moyen de communication social, mobile et éphémère. Snapchat crée une nouvelle façon de communiquer qui, potentiellement, pourrait vampiriser les utilisateurs de Facebook.

Les photos sont le carburant du social networking, Mark Zuckerberg l’a compris bien avant Facebook en créant son site de notation de photos de camarades d’université. Plus récemment, le rachat d’Instagram par Facebook à 1 milliard de dollars prouve encore cette volonté d’éviter de voir grossir des concurrents centrés sur le partage de photos. Hors, une photo partagée via Snapchat c’est  une photo de moins partagée via Facebook. Aujourd’hui, bien que snapchat soit encore à ses balbutiements, chaque jour, il y a autant de photos partagées sur snapchat que sur Facebook (400 millions de photos par jour). On peut aisément imaginer la menace que cela représente pour Facebook. C’est donc une question de survie et de transition à une forme de réseaux sociaux plus innovants.

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